Jardin punk

Et un jardin punk ?

Ca fait si peur ?
Du jardin naturel au jardin punk il n’y a qu’un pas ! Franchi par Eric Lenoir et détaillé dans son ouvrage « Petit traité du jardin punk » (Ed. Terre Vivante 2018) (https://boutique.terrevivante.org/librairie/livres/4140/champs-d-action/458-petit-traite-du-jardin-punk.htm). S’affranchir des règles des jardiniers, se faire confiance, écouter son intuition, choisir des plantes résilientes et respecter la biodiversité. Tout un programme ! Mais, rassurez-vous accessible à tous.
Il est également l’auteur d’un plaidoyer (https://www.18h39.fr/articles/eric-lenoir-arretez-de-tondre-vos-pelouses.html) afin d’encourager le lâcher prise, l’observation, le bon sens et la raison sur notre frénétique envie de tondre …
Il y a même eu un « jardin punk challenge » cet été ! (https://mumons.be/activites/jardin-punk-challenge/?fbclid=IwAR31dD9TCxKw6w0ZfyjmdQkvSfDhST5-i_UXygVFxPVJtQQqtNHb9og6DRU )
Organisé par la ville de Mons en Belgique, ce challenge proposait aux particuliers d’arrêter de tondre leur pelouse pour préserver la biodiversité des jardins. Et simplement observer ce qui s’y jouait. Quelle bonne idée ! Parce que, comme l’a souligné Alain Barraton lors d’une émission radio il y a peu : « le jardin à la Française, c’est un jardin de dictateur ! » Il représente le contrôle, la suprématie de l’homme sur la nature. Même si les lignes sont belles, organisées, intellectualisées, cette représentation et cette gestion sont dépassées, en décalage avec la réalité de notre monde et des enjeux auxquels nous allons devoir faire face. Alors que tout changement dans la nature nous inspire méfiance, nous oublions que le vivant est en état permanent de changement, de réadaptation et de transformation.

« La peur est énergie. Tant que nous vivons dans une culture où énergies positives et négatives sont soigneusement distinguées, la nature ne sera pas acceptée. » (François Terrasson, « La peur de la nature »)

François Terrasson (1939-2006, maître de conférences au Muséum d’Histoire naturelle de Paris. Naturaliste passionné d’écopsychologie) complète ces pensées et apporte un autre éclairage dans son livre : « La peur de la nature » selon lui l’Homme aurait foncièrement peur de la Nature. Une chenille sur une nappe qu’il faut dégager fissa, ou le vaste sujet de l’agriculture intensive… L’Homme reste dans le contrôle permanent de la nature, trop sale et spontanée ! Mais elle n’est pas contrôlable, elle a ses propres lois auxquelles nous n’échappons pas : la Nature est en l’Homme et l’Homme est Nature. Cette volonté de séparer de l’Homme avec la Nature est une ineptie et comporterait selon lui une part sombre et refoulée, qui est la part de naturel en nous : refoulement des émotions, du sensible, mais aussi du sale, du gluant, du puant. Or, une société qui refoule ses émotions et ses peurs ne peut pas accepter la nature en tant que telle. Il faudrait donc commencer par accepter ses émotions, toutes ses émotions, à commencer par la peur, afin de la dépasser.
Ensuite pour lui, destruction et protection de la nature sont issus d’une même logique… On protège parce qu’on détruit, et, en retour, on détruit parce qu’on protège…
Notre volonté de protéger la nature ne serait qu’une réponse, une adaptation, presque une acceptation d’un monde qui la détruit. « Il s’agit donc moins de travailler sur la protection que sur les forces psychologiques de la destruction. Car quel serait le besoin de créer des réserves si l’homme cherchait à mieux cohabiter avec la nature dans son ensemble ? » La nature, le spontané, devraient pouvoir coexister avec l’homme. Une autre appréhension de la nature, passant par son acceptation globale : admettre intégralement notre propre nature (sensibilité, émotions) pour ne plus avoir à détruire celle, matricielle, qui nous fait naître, dans laquelle nous vivons et nous mourrons la Terre, Mère …
(https://blogs.univ-poitiers.fr/budl/2018/11/30/francois-terrasson-la-peur-de-la-nature/)

Valérie Chansigaud (Naturaliste, historienne des sciences) s’interroge également : « Les français et la nature. Pourquoi si peu d’amour ? » Pourquoi cette exception culturelle ?

« Les Français sont indifférents à la nature et à sa protection. Ce lieu commun est sans cesse réaffirmé depuis plus d’un siècle. Il est facile de répertorier de très nombreuses différences entre l’attitude des Français vis-à-vis de la nature et celle de leurs voisins germanophones et anglophones, dès lors que l’on parcourt l’histoire de la littérature, des sciences naturelles, de l’édition consacrée à la nature, de la chasse ou encore de la protection de l’environnement. La particularité française à l’égard de la nature doit être interrogée avec soin afin d’éviter les contresens. Cet ouvrage adopte une démarche originale en contextualisant l’histoire du rapport à la nature tel que vécu en France et en explorant le rôle joué par l’urbanisation, la ruralité, la géographie de l’industrialisation, la place des élites, la valorisation de la culture scientifique, l’exigence démocratique et la représentation des citoyens, etc. Cette approche permet alors de mieux comprendre la complexité de ces phénomènes et d’éviter les conclusions hâtives : la nature est certainement plus aimée et plus étudiée au Royaume-Uni ou en Allemagne qu’en France ; or, force est de constater que la biodiversité et les écosystèmes de ces pays ne sont pas en meilleur état que dans le nôtre. »
(https://www.valerie-chansigaud.fr/les-francais-et-la-nature/)



Et puis il y a aussi Elisée Reclus, 1830-1905), grand géographe français, militant, légumiste et anarchiste. Auteur d’une encyclopédie géohistorique en six volumes, publiée entre 1905 et 1908 qui rassemble ses idées, modernes et pertinentes pour son époque : « L’homme et la terre », il y affirme notamment : « l’homme, l’humanité n’est rien de plus que la nature prenant conscience d’elle-même ».
Autres pensées
« Notre liberté, dans nos rapports avec la Terre consiste à en connaître les lois pour y conformer notre existence »
« C’est aux hommes de compléter l’œuvre de la nature en imitant dans leurs travaux quelques-uns des moyens qu’elle emploie »
Sensible à l’esthétique, il redoute aussi l’uniformisation des paysages

Alors, simplement, pour commencer, posons-nous la question, alors que nous entrons dans notre jardin avec notre tondeuse … de quoi a-t-on vraiment peur … quel besoin a-t-on à assouvir avec notre débrousailleuse …

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